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Épargne

Votre PER avec le budget 2026 : plafonds, calculs et optimisations

Découvrez l'impact du budget 2026 sur votre plan épargne retraite : plafonds de déduction, modifications législatives et l'erreur à éviter après 70 ans.

Rédigé par Benoît Denis 12 min de lecture
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La loi de finances 2026 apporte quatre modifications concrètes au Plan Épargne Retraite (PER) : hausse du PASS, fin de la déductibilité après 70 ans, maintien de l'abattement 10 % sur les pensions, et rejet de la liquidation obligatoire. Ce guide détaille ces mesures avec des cas pratiques chiffrés.

Ce qu'il faut retenir

  • Le PASS 2026 est fixé à 48 060 €, augmentant de 2 % le plafond de déduction PER par rapport à 2025.
  • Depuis le 1er janvier 2026, les versements sur un PER après 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable.
  • L'abattement de 10 % sur les pensions de retraite est maintenu, contrairement au projet initial du gouvernement.
  • La liquidation obligatoire du PER à l'âge de la retraite a été rejetée par les députés.
  • Les moins de 70 ans peuvent maximiser leur déduction en 2026 en exploitant les plafonds non utilisés des trois années antérieures.

Ce que la loi de finances 2026 change concrètement pour le PER

Le projet de loi de finances pour 2026 a suscité de nombreux débats, mais le texte final, promulgué par la LOI n° 2026-103 du 19 février 2026, ne retient que quatre évolutions effectives pour le Plan d'Épargne Retraite. D'abord, le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS) augmente de 2 %, mécanisme qui élargit le plafond de déduction des versements volontaires. Ensuite, depuis le 1er janvier 2026, tout versement réalisé après 70 ans n'est plus déductible du revenu imposable. La suppression de l'abattement de 10 % sur les pensions, un temps envisagée, a été écartée. L'obligation de liquider son PER dès l'âge de la retraite a également été rejetée par les députés. Ces mesures, bien que ciblées, modifient sensiblement la stratégie d'épargne retraite pour des millions de titulaires.

La distinction entre ce qui a été voté et ce qui a été abandonné est essentielle. De nombreux amendements, comme celui visant à contraindre la sortie en capital, ont fait l'objet de vives discussions à l'Assemblée nationale avant d'être repoussés. Les épargnants peuvent donc aborder 2026 avec une vision claire des règles applicables, sans crainte de bouleversement rétroactif. Les paragraphes qui suivent détaillent chaque disposition.

Hausse du PASS 2026 : impact direct sur votre plafond de déduction

Le PASS est revalorisé chaque année en fonction de l'évolution du salaire moyen. Pour 2026, il passe de 47 100 € à 48 060 € (economie.gouv.fr, 2026), soit une hausse de 2 %. Le plafond mensuel atteint 4 005 €, contre 3 925 € l'année précédente. Ce chiffre détermine directement la limite de déduction fiscale des versements volontaires sur le PER : un salarié peut déduire jusqu'à 10 % de ses revenus nets imposables, dans la limite de 10 % de 8 fois le PASS. Le nouveau PASS porte donc le plafond maximal à 38 448 € (soit 10 % × 8 × 48 060 €), contre 37 680 € en 2025. Concrètement, un épargnant qui maximise son enveloppe gagne 768 € de capacité de déduction supplémentaire.

Fin de déductibilité des versements après 70 ans : la règle exacte

Depuis le 1er janvier 2026, tout versement effectué sur un PER individuel après le 70e anniversaire du titulaire n'est plus déductible du revenu imposable (economie.gouv.fr). Cette mesure, adoptée dans le cadre de la loi de finances, s'applique aux versements volontaires comme aux versements programmés. Les sommes versées restent toutefois possibles ; elles entrent simplement dans le compartiment fiscalisé du contrat. Pour un contribuable dont la tranche marginale d'imposition est de 30 %, l'absence de déduction représente une perte de trésorerie immédiate de 300 € pour chaque tranche de 1 000 € versés. Il est conseillé d'anticiper cette échéance en planifiant ses versements avant 70 ans, ou d'explorer d'autres supports d'épargne comme l'assurance vie (voir notre guide sur l'optimisation fiscale légale en 2026).

Abattement de 10 % sur les pensions : ce que la loi a finalement retenu

L'article 6 du projet de loi de finances 2026 prévoyait initialement la suppression de l'abattement de 10 % applicable aux pensions de retraite pour le calcul de l'impôt sur le revenu. Cette disposition, qui aurait mécaniquement accru l'imposition de nombreux retraités détenteurs d'un PER, a été retirée du texte final. L'abattement reste donc en vigueur dans les mêmes conditions qu'en 2025. Les titulaires d'un PER qui percevaient déjà une rente ou qui préparent leur sortie en rente ne subissent pas de hausse d'impôt liée à cette mesure. La stabilité de cet avantage fiscal constitue un signal rassurant pour la préparation de la retraite par capitalisation.

Liquidation obligatoire du PER à la retraite : l'amendement rejeté

Un amendement déposé à l'Assemblée nationale en novembre 2025 visait à rendre obligatoire la liquidation du PER au moment du départ à la retraite, interdisant de facto la conservation du contrat au-delà de cet âge. Les députés ont rejeté cette proposition (Boursorama, novembre 2025). Le titulaire conserve donc la liberté de choisir le moment de la sortie, en capital ou en rente, sans contrainte d'âge autre que le seuil de la retraite. Cette liberté est précieuse pour étaler la fiscalité de sortie ou pour transmettre le contrat dans le cadre d'une succession.

Plafonds de déduction PER 2026 : calcul et cas pratique chiffré

Le mécanisme de déduction des versements volontaires sur le PER repose sur deux plafonds distincts selon le statut du souscripteur : salarié ou travailleur non salarié (TNS). Dans les deux cas, le PASS 2026 à 48 060 € détermine la limite haute. La compréhension de ces règles permet de calibrer son effort d'épargne retraite tout en optimisant son imposition. Les paragraphes suivants présentent le calcul de référence, puis deux scénarios chiffrés pour un salarié et pour un indépendant.

Rappelons que le PER est un produit d'épargne à long terme ; la déduction des versements constitue un levier d'optimisation fiscale immédiate, tandis que la sortie, en capital ou en rente, sera imposée. Avant toute décision, il est utile de simuler vos gains d'épargne afin d'estimer l'effort de versement compatible avec votre budget.

Rappel : comment le PASS détermine votre plafond annuel de déduction

Pour un salarié, le plafond de déduction PER correspond à 10 % des revenus d'activité nets imposables de l'année précédente, retenus dans la limite de 10 % de 8 fois le PASS (soit 38 448 € en 2026). Les plafonds non utilisés des trois années antérieures sont reportables, ce qui permet d'augmenter sensiblement l'enveloppe disponible. Pour un TNS (travailleur non salarié), le plafond est plus élevé : 10 % du bénéfice imposable, dans la limite de 10 % de 8 fois le PASS, majorés de 15 % du bénéfice compris entre 1 et 8 PASS. La majoration peut conduire à un plafond total supérieur à 70 000 € pour les indépendants aux revenus confortables.

Scénario salarié : revenu net imposable de 40 000 €

Prenons un cadre salarié dont le revenu net imposable 2025 est de 40 000 €. Son plafond de déduction PER pour 2026 se calcule ainsi : 10 % × 40 000 € = 4 000 €. Ce montant est bien inférieur au plafond absolu de 38 448 €, donc aucun écrêtement ne s'applique. S'il n'a pas utilisé ses plafonds des années 2023, 2024 et 2025, il peut ajouter ces reliquats. Supposons un cumul reporté de 6 000 €. Il pourrait alors verser jusqu'à 10 000 € sur son PER en 2026 et déduire l'intégralité de son revenu imposable. L'économie d'impôt dépend de sa tranche marginale : à 30 %, la déduction de 10 000 € réduit l'impôt de 3 000 €.

Spécificité TNS : plafond de déduction majoré

Un travailleur non salarié réalisant un bénéfice imposable de 80 000 € bénéficie d'un plafond de déduction PER plus généreux. Le calcul comporte deux étages : 10 % × 80 000 € = 8 000 € (première tranche), puis 15 % × (80 000 € - 48 060 €) = 4 791 € (seconde tranche). Soit un plafond total de 12 791 € pour 2026, hors reports. Si ce TNS dispose d'un report de 20 000 € des trois années antérieures, il peut déduire jusqu'à 32 791 €. Pour un taux marginal d'imposition de 41 %, l'économie d'impôt atteint près de 13 444 €, ce qui rend le PER particulièrement attractif pour les indépendants à haut revenu.

Amendement PER budget 2026 : ce qui a été discuté, ce qui est entré en vigueur

Les débats parlementaires du projet de loi de finances pour 2026 ont donné lieu à de multiples amendements visant à modifier les règles du PER. Certains ont été intégrés à la loi promulguée, d'autres écartés. Distinguer les deux évite les confusions et permet aux épargnants de fonder leurs décisions sur les textes en vigueur. La LOI n° 2026-103 du 19 février 2026 est la référence à consulter sur Legifrance pour toute vérification juridique. Les sous-sections suivantes récapitulent les dispositions adoptées puis les propositions rejetées.

Les amendements adoptés dans la loi de finances pour 2026

Le texte final a entériné la fin de la déductibilité des versements après 70 ans, codifiée à l'article L. 224-1 du code monétaire et financier. Cet article précise désormais que « les versements effectués à compter du 1er janvier 2026 après le soixante-dixième anniversaire du titulaire ne sont pas admis en déduction ». La hausse du PASS, bien que non spécifique au PER, en découle mécaniquement et élargit le plafond de déduction. Aucune autre mesure structurante, comme une modification du taux de prélèvement forfaitaire unique applicable à la sortie en capital, n'a été retenue.

Les propositions rejetées par l'Assemblée ou le Sénat

Les parlementaires ont repoussé l'amendement visant à imposer la liquidation du PER dès l'âge de la retraite (Boursorama, novembre 2025). La suppression de l'abattement de 10 % sur les pensions a également été écartée, préservant le traitement fiscal des rentes issues du PER. Enfin, la rumeur d'une « flat tax élargie » aux plus-values latentes du PER n'a donné lieu à aucun amendement sérieux. Ces rejets confortent la stabilité du cadre fiscal du PER, même si le contexte budgétaire : déficit public cible de 4,7 % du PIB en 2026 (economie.gouv.fr) : pourrait inciter le gouvernement à proposer de nouvelles mesures lors des prochaines lois de finances.

L'erreur courante à éviter : continuer à verser sur son PER après 70 ans sans le savoir

La suppression de la déductibilité au-delà de 70 ans est entrée en vigueur sans dispositif transitoire. Des titulaires, habitués à programmer des versements mensuels, peuvent ne pas avoir modifié leur ordre de virement et continuer à alimenter leur PER après leur anniversaire. Ces sommes sont alors bloquées jusqu'à la liquidation du contrat, sans offrir le moindre avantage fiscal immédiat. Pire, la sortie en capital sera soumise au barème progressif de l'impôt sur le revenu pour la part des versements non déduits, alors qu'aucune déduction n'a été accordée à l'entrée.

Concrètement, un épargnant qui verse 200 € par mois sur son PER après 70 ans immobilise 2 400 € par an sans alléger son impôt. Pour éviter ce piège, il est indispensable de réviser ses ordres de virement avant la date d'anniversaire fatidique. Une alternative consiste à rediriger ces flux vers un contrat d'assurance vie, qui offre une fiscalité de rachat plus souple après 70 ans, ou vers un compte-titres ordinaire. Avant d'arbitrer, il peut être utile de se référer aux meilleurs placements pour 2026 disponibles sur le marché.

PER et budget 2026 : ce que cela change selon votre situation

L'impact des mesures de la loi de finances 2026 varie fortement selon l'âge du titulaire, son statut professionnel et le type de PER détenu. Les moins de 70 ans bénéficient d'un léger coup de pouce grâce au PASS revalorisé, tandis que les plus de 70 ans doivent repenser leur stratégie de versement. Les détenteurs de PER collectif ou obligatoire, adossés à l'épargne salariale, sont quant à eux peu concernés par ces changements, mais doivent articuler les dispositifs.

Le PER, créé par la loi PACTE du 22 mai 2019, a déjà fédéré plus de 10 millions de titulaires et 100 milliards d'euros d'encours fin 2023 (Trésor, 2023). Les ajustements du budget 2026 touchent une base d'épargnants très large, d'où l'importance de bien cerner les nouvelles règles.

Moins de 70 ans : profitez du nouveau plafond PASS avant la fin de l'année

Si vous avez moins de 70 ans, la revalorisation du PASS à 48 060 € augmente votre plafond de déduction pour 2026 de 960 € par rapport à 2025. Pour maximiser cet avantage, vérifiez votre avis d'imposition 2025, calculez votre plafond disponible, y compris les reports des trois années antérieures, et réalisez vos versements avant le 31 décembre 2026. Un versement unique de 4 000 €, par exemple, peut réduire votre impôt de 1 200 € si votre tranche marginale est de 30 %.

Plus de 70 ans : quelle alternative à la déduction PER ?

Dès lors que la déductibilité est supprimée, le PER individuel perd son principal attrait pour les plus de 70 ans. Les versements restent possibles, mais l'absence de déduction en amont et la fiscalité à la sortie rendent le produit moins compétitif qu'une assurance vie, dont les rachats partiels après 70 ans bénéficient d'un abattement de 30 500 € tous contrats confondus. Les retraités déjà détenteurs d'un PER peuvent néanmoins conserver le contrat pour transmettre le capital à un bénéficiaire désigné, ou pour basculer en rente viagère à un moment choisi.

Budget 2026 épargne salariale : articulation PER collectif et PER individuel

Le volet épargne salariale du PER (PERCO ou PER d'entreprise collectif) n'est pas affecté par la fin de déductibilité après 70 ans, car les versements y sont issus de la participation, de l'intéressement ou de l'abondement employeur, et non de versements volontaires. Les salariés peuvent continuer à alimenter leur PER collectif sans contrainte d'âge. Pour approfondir les mécanismes de l'épargne d'entreprise, vous pouvez consulter notre article sur le fonctionnement de l'épargne salariale. Les plafonds de versement volontaire sur le PER individuel restent, eux, soumis à la limite des 70 ans.

Fiche pratique

PASS annuel 202648 060 €
PASS mensuel 20264 005 €
Plafond de déduction PER salarié (10% × 8 PASS)38 448 €
Âge limite de déductibilité70 ans (depuis le 01/01/2026)
Abattement 10 % sur pensionsMaintenu
Liquidation obligatoire à la retraiteRejetée
Texte de référenceLOI n° 2026-103 du 19 février 2026

Sources

Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.

Questions sur ce sujet

Que prévoit le budget 2026 pour les retraites ?

La loi de finances pour 2026 (LOI n° 2026-103 du 19 février 2026) relève le PASS à 48 060 €, ce qui augmente mécaniquement le plafond de déduction des versements PER. Elle supprime aussi la déductibilité des versements effectués sur un PER après 70 ans. La suppression de l'abattement de 10 % sur les pensions, initialement prévue, n'a pas été retenue dans le texte final.

Quel est le budget pour l'épargne retraite en 2026 ?

Il n'existe pas de dotation budgétaire unique dédiée à l'épargne retraite individuelle. En revanche, le plafond de déduction fiscale des versements PER dépend du PASS 2026, fixé à 48 060 €. Pour un salarié, la déduction maximale annuelle peut ainsi atteindre 10 % de huit fois ce PASS, soit environ 38 448 €.

De combien d'argent aurais-je besoin pour prendre ma retraite en 2026 ?

Ce besoin dépend de votre niveau de vie souhaité, de votre âge de départ et de vos droits à la retraite obligatoire : il n'existe pas de montant universel. Le PER peut constituer un complément de revenu, mais aucune promesse de rendement ne peut être garantie. Il est conseillé de réaliser une simulation personnalisée auprès d'un conseiller agréé.

Quel est le nouveau avantage fiscal pour les PER en 2026 ?

La principale évolution favorable pour les moins de 70 ans est la hausse du PASS à 48 060 €, qui élargit le plafond de déduction des versements volontaires sur le PER. En revanche, les titulaires ayant dépassé 70 ans perdent depuis le 1er janvier 2026 le bénéfice de la déductibilité de leurs versements.