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Succession

Comment calculer une succession avec donation au dernier vivant en 2026 ?

Calcul succession avec donation au dernier vivant : barème 2026, abattements, droits. Exemples concrets pour conjoint et enfants. Simulateur officiel.

Rédigé par Benoît Denis Mis à jour le 8 min de lecture

Le calcul des droits de succession avec donation au dernier vivant (DDV) dépend de votre lien avec le défunt et de ce qu'il laisse derrière lui. Le conjoint survivant, lui, ne paie rien – quel que soit sa part. Les enfants, eux, ont droit à un abattement de 100 000 € chacun. La DDV change la répartition légale des biens, mais pas les règles fiscales de base. Alors, concrètement, combien chaque héritier va-t-il payer ?

Qu'est-ce que la donation au dernier vivant et comment fonctionne-t-elle ?

La donation au dernier vivant (DDV) – on l'appelle aussi donation entre époux – est un acte notarié qui organise la transmission du patrimoine en faveur du conjoint. Au moment du décès, ce dernier peut choisir entre plusieurs options : l'usufruit de la totalité des biens, ou la pleine propriété d'une partie de la succession.

Sans DDV, le conjoint survivant n'a droit qu'à un quart des biens en pleine propriété si le défunt laisse des enfants. Avec elle, il peut opter pour l'usufruit de tout le patrimoine. Résultat : il reste dans le logement, perçoit les revenus des placements, et les enfants ne peuvent pas exiger le partage immédiat.

C'est le notaire qui rédige la donation, la date et s'occupe de la déclaration de succession après le décès. Pour être valable, l'acte doit être signé devant deux notaires – ou un notaire assisté de deux témoins (articles 1094-1 et suivants du Code civil, sur Légifrance).

Les abattements applicables en 2026 pour le conjoint et les enfants

Le calcul commence par les abattements personnels. En 2026, voici les montants :

Pour aller plus loin, consultez notre guide sur calcul partage succession 2026 : les....

  • Conjoint survivant ou partenaire de PACS : exonération totale, 0 % de droits, quoi qu'il reçoive (source : impots.gouv.fr, 2026).
  • Enfants du défunt : abattement de 100 000 € chacun sur leur part (source : service-public.gouv.fr, mars 2026). Dans une succession, c'est unique par enfant – pour les donations, il se reconstitue tous les 15 ans.
  • Petits-enfants (par représentation) : abattement de 100 000 € aussi, si leur parent est déjà décédé.
  • Frères et sœurs : 15 932 € (montant 2026, à vérifier chaque année).
  • Neveux et nièces : quasiment rien – 7 967 € d'abattement.

Il existe aussi un abattement de 5 310 € (source : Crédit Agricole, 2026) pour les donations financières récurrentes. Mais ça ne concerne pas les successions classiques, où seuls les abattements par lien de parenté s'appliquent.

La donation au dernier vivant ? Elle ne touche pas à ces abattements. Elle agit uniquement sur la répartition des biens, pas sur le calcul fiscal par héritier.

Le barème des droits de succession 2026 (tarifs par lien de parenté)

Une fois l'abattement déduit, le reste est taxé au barème progressif. Voici les taux 2026 (source : Légifrance, articles 777 à 791 ter du CGI) :

Barème pour les enfants (ligne directe descendante)

Part taxable après abattementTaux
Jusqu'à 8 072 €5 %
De 8 073 € à 12 109 €10 %
De 12 110 € à 15 932 €15 %
De 15 933 € à 552 324 €20 %
De 552 325 € à 902 838 €30 %
De 902 839 € à 1 805 677 €40 %
Au-delà de 1 805 677 €45 %

Barème pour les frères et sœurs

Part taxable après abattementTaux
Jusqu'à 24 430 €35 %
Au-delà de 24 430 €45 %

Pour les neveux et nièces : 55 % tout rond, après 7 967 € d'abattement.

Le conjoint survivant, lui, est exonéré. Même avec DDV. C'est le gros avantage fiscal du dispositif.

Petit rappel : le barème s'applique par tranche. Chaque portion de la part taxable est imposée au taux correspondant, pas la totalité au taux le plus haut.

Exemple chiffré : succession avec DDV pour un couple avec 2 enfants

Prenons un exemple. M. Dupont décède en juin 2026, laisse son épouse et leurs deux enfants. Patrimoine total : 600 000 € (maison : 400 000 €, comptes et livrets : 200 000 €). Il avait signé une donation au dernier vivant chez le notaire.

La veuve choisit l'usufruit de toute la succession.

  • Elle reçoit l'usufruit de 100 % du patrimoine. Elle peut habiter la maison, toucher les intérêts des placements.
  • Les deux enfants récupèrent la nue-propriété. Sa valeur fiscale dépend de l'âge de l'usufruitier (article 669 du CGI). Pour un conjoint de plus de 71 ans, la nue-propriété vaut 90 % de la pleine propriété.

Calcul pour chaque enfant :

  1. Nue-propriété totale : 600 000 € × 90 % = 540 000 €
  2. Part de chaque enfant : 540 000 € ÷ 2 = 270 000 €
  3. Abattement de 100 000 € : 270 000 € - 100 000 € = 170 000 € taxable
  4. Barème :
    • 8 072 € × 5 % = 404 €
    • 4 036 € × 10 % = 404 €
    • 3 822 € × 15 % = 573 €
    • 154 068 € × 20 % = 30 814 €
    • Total par enfant : 32 195 €

Coût total pour les deux enfants : 64 390 €. Sans DDV (option quart en pleine propriété), les droits auraient été moins élevés : l'épouse aurait reçu 25 % exonéré, chaque enfant aurait eu 225 000 € en pleine propriété, soit environ 25 000 € de droits chacun. La DDV coûte donc plus cher aux enfants quand le conjoint choisit l'usufruit et qu'il est âgé. Mais elle protège le conjoint jusqu'au bout.

Pour affiner, utilisez le simulateur officiel de Service-Public.fr (mis à jour mai 2026).

Donation au dernier vivant : avantages, inconvénients et pièges

Avantages de la DDV

  • Protection du conjoint : il garde l'usufruit du logement et des placements, sans risque d'expulsion.
  • Exonération totale : le conjoint ne paie jamais de droits, même s'il reçoit la pleine propriété plus tard.
  • Choix au moment du décès : usufruit, quart en pleine propriété… selon sa situation.
  • Moins de conflits : l'acte notarié clarifie les intentions du défunt.

Inconvénients et pièges

  • Fiscalité plus lourde pour les enfants : l'usufruit augmente leur base taxable, surtout si le conjoint est âgé (nue-propriété valorisée à 90 %).
  • Frais de notaire : entre 300 € et 800 € pour la rédaction, plus environ 0,5 % du patrimoine en frais d'acte.
  • Le conjoint ne peut pas vendre librement : en tant qu'usufruitier, il faut l'accord des nus-propriétaires (les enfants), sauf clause spéciale.
  • Risque de préciput : la DDV peut permettre de prélever certains biens avant partage, ce qui désavantage les enfants.

Bien structurer la transmission de son patrimoine permet aussi de réduire la pression fiscale globale, notamment en combinant DDV et optimisation fiscale pour particulier adaptée à votre situation.

Pour aller plus loin, lisez notre guide de l'optimisation fiscale légale 2026.

Simulateur et démarches pour estimer vos droits

Plusieurs outils officiels existent pour estimer les droits :

Les démarches après le décès :

  1. Obtenir l'acte de décès et le livret de famille.
  2. Contacter le notaire qui détient l'original de la DDV.
  3. Lister tous les biens (immobilier, comptes, assurances vie, meubles).
  4. Déposer la déclaration de succession aux impôts dans les 6 mois.
  5. Payer les droits – les enfants peuvent demander un paiement fractionné ou différé.

Pour approfondir : notre article sur le calcul des frais de succession notaire 2026 et celui sur le forfait mobilier succession. Deux postes qui pèsent sur le total.

Points clés

  • Le conjoint survivant est exonéré de droits de succession en 2026, quel que soit le montant hérité grâce à la donation au dernier vivant.
  • Chaque enfant bénéficie d'un abattement de 100 000 € sur sa part successorale avant application du barème progressif (5 % à 45 %).
  • L'option usufruit de la DDV protège le conjoint mais augmente la base taxable des enfants (la nue-propriété valant jusqu'à 90 % de la pleine propriété).
  • Le barème 2026 des droits de succession par tranches s'applique après abattement : jusqu'à 45 % pour la ligne directe, 55 % pour les neveux et nièces.
  • L'estimation définitive des droits nécessite un acte notarié et une déclaration de succession dans les 6 mois suivant le décès.

Sources

Fiche pratique

Abattement conjoint 2026Exonération totale (0 %)
Abattement enfant 2026100 000 € par enfant
Barème max ligne directe45 %
Barème max frère/sœur45 %
Barème neveux/nièces55 %
Délai déclaration succession6 mois après le décès
Simulateur officielservice-public.fr/simulateur/calcul/droits-succession
Source officielleimpots.gouv.fr, service-public.gouv.fr (mai 2026)

Le contenu de cette page a une vocation pédagogique et ne vaut pas recommandation d'investissement. Consultez un intermédiaire agréé pour une analyse adaptée à votre profil.

Questions sur ce sujet

Comment calculer la succession d'un conjoint survivant avec une donation au dernier vivant ?

Le conjoint survivant ? Exonéré de droits en 2026, quoi qu'il reçoive via la DDV. Le calcul ne concerne donc que les autres : enfants, petits-enfants. On prend leur abattement personnel (100 000 € par enfant), on l'applique sur leur part, puis on passe au barème progressif (5 % à 45 % par tranches).

Quelle est la part de la donation au dernier vivant pour les enfants ?

Avec une DDV, si le conjoint prend l'usufruit, les enfants récupèrent la nue-propriété. Leur part fiscale dépend de l'âge du conjoint : plus il est vieux, plus la nue-propriété est valorisée (90 % de la pleine propriété après 71 ans). Sans DDV, ils auraient eu un quart en pleine propriété plus la nue-propriété du reste.

Quels sont les inconvénients d'une donation au dernier vivant ?

Principal inconvénient : les droits augmentent pour les enfants, parce que la nue-propriété est fiscalement valorisée à un taux élevé si le conjoint est âgé. Sans oublier les frais de notaire (300 à 800 €), l'impossibilité pour le conjoint de vendre sans accord, et les tensions possibles si les enfants se sentent lésés.

Quels sont les frais de succession pour une donation au dernier vivant ?

Les frais avec DDV comprennent : les droits de succession (pour les enfants seulement, après abattement de 100 000 €), les frais de notaire (1 % à 2 % de l'actif brut), et les frais d'enregistrement. Le conjoint, lui, ne paie rien – même s'il reçoit l'usufruit ou une part en pleine propriété.