Immobilier : définition complète pour éviter les erreurs juridiques
Quelle est la définition du mot "immobilier" ? Découvrez les types de biens, le cadre juridique en droit français et les enjeux pour constituer


Le mot « immobilier » a deux acceptions principales : comme adjectif, il qualifie ce qui est relatif à un immeuble ou composé de biens immeubles (crédit immobilier, action immobilière) ; comme nom masculin, il désigne le secteur économique de la construction, de la transaction et de la gestion de biens immeubles, ou par métonymie le bien lui-même. Le terme dérive du latin immobilis, « qui ne se meut pas ».
Le mot « immobilier » revient chaque jour dans les conversations sur le logement, le crédit ou l'investissement. Pourtant, sa définition précise : et surtout ses conséquences juridiques et fiscales : échappe souvent. Cet article relie l'acception courante du terme aux règles de droit qui déterminent ce qui est imposable, transmissible ou saisissable. La distinction entre bien immeuble et bien meuble, ancrée dans le Code civil, conditionne en effet l'application de l'IFI, le calcul de la plus-value ou encore l'accès aux dispositifs de défiscalisation.
Définition du mot « immobilier » : adjectif et nom masculin
Le mot « immobilier » fonctionne d'abord comme un adjectif. Il qualifie ce qui a trait à un immeuble, ce qui est composé de biens immeubles ou ce qui s'y rapporte directement. On parle ainsi de crédit immobilier, d'action immobilière ou de patrimoine immobilier.
Comme nom masculin, le terme revêt deux sens distincts. Il désigne le secteur économique regroupant la construction, la transaction, la gestion locative et la promotion de biens immeubles. Par métonymie, il peut aussi renvoyer au bien lui-même : « acheter un immobilier » signifiant acquérir un appartement, une maison ou un terrain.
La distinction entre immobilier et mobilier structure le droit français depuis 1804. Les articles 516 et suivants du Code civil classent les biens en deux catégories exclusives : les immeubles et les meubles. Un canapé est un meuble ; le mur auquel on l'adosse est un immeuble. Cette frontière n'est pas anecdotique : elle commande le régime fiscal applicable (IFI pour les immeubles, pas pour les meubles), les droits de mutation et les garanties dont peut se prévaloir un créancier.
Sous l'angle étymologique, le français « immobilier » est un dérivé savant formé au XIXᵉ siècle sur le latin classique immobilis, littéralement « qui ne peut être mû, qui ne se meut pas ». On retrouve la même origine dans le verbe immobiliser et le nom immeuble. L'idée centrale est celle de la fixité : un bien immobilier est par essence attaché au sol, à la différence d'un bien mobilier que l'on peut déplacer.
Le terme « immobilier » comme nom commun s'est imposé dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle avec l'essor du marché de la construction et de la transaction. Il reste aujourd'hui le terme générique pour tout ce qui touche au logement, au foncier et à l'investissement dans la pierre.
Étymologie : du latin immobilis au français immobilier
Le mot « immobilier » est un dérivé du latin immobilis, formé du préfixe privatif in- et de mobilis (« mobile », lui-même issu de movere, « mouvoir »). Immobilis signifie donc « qui ne peut être mû, qui ne bouge pas ». Le français a d'abord emprunté cette racine pour former immeuble (attesté au XIIIᵉ siècle sous la forme imoble), avant de construire au XIXᵉ siècle l'adjectif immobilier sur le modèle de mobilier / meuble. Le parallèle entre ces deux familles lexicales est strict : meuble est à mobilier ce que immeuble est à immobilier.
Immobilier comme adjectif : exemples d'emploi courant
L'adjectif immobilier s'emploie dans des contextes variés, toujours pour qualifier un lien avec un immeuble ou des biens immeubles. On le rencontre notamment dans l'expression « crédit immobilier » (prêt garanti par une hypothèque ou affecté à l'achat d'un logement), dans « action immobilière » (titre de société dont l'actif est composé de biens immeubles) ou encore dans « agent immobilier » (professionnel encadré par la loi Hoguet du 2 janvier 1970 pour la transaction et la gestion). La « société civile immobilière » (SCI) permet la détention et la gestion collective d'un patrimoine immobilier. L'adjectif se retrouve aussi dans « taxe foncière sur les propriétés immobilières » ou « plus-value immobilière ».
Immobilier comme nom masculin : le secteur et le bien
Comme nom masculin, le mot désigne deux réalités. D'abord, le secteur économique de l'immobilier : construction, promotion, transaction, gestion locative. Ce marché représente en France l'un des principaux postes du PIB, porté par une demande structurelle de logements et de locaux d'activité. Ensuite, par métonymie, le bien lui-même : « elle a vendu son immobilier bordelais » signifie qu'elle a cédé un ou plusieurs biens immeubles situés à Bordeaux. Cet usage courant s'est généralisé au point de figurer dans les dictionnaires généralistes, sans toutefois être un terme technique du droit, lequel préfère parler d'immeuble ou de bien immeuble.
Qu'est-ce qui est considéré comme immobilier ? Les types de biens
Tous les biens immobiliers ne se ressemblent pas, et leur qualification juridique détermine leur régime fiscal. Le point commun : l'impossibilité de les déplacer sans destruction ou altération. Cette fixité au sol est le critère distinctif premier.
La notion fiscale d'ensemble immobilier affine cette classification. Un rescrit BOFiP du 6 avril 2016 le définit comme « un bâtiment ou un groupe de bâtiments faisant l'objet d'un même permis ». Cette définition, qui sert à l'application de la TVA immobilière, montre que l'administration fiscale raisonne par unité fonctionnelle plutôt que par parcelle : une résidence de plusieurs bâtiments construits sous un même permis de construire forme un seul ensemble immobilier au sens fiscal.
Les biens immobiliers se répartissent en grandes catégories, chacune relevant de règles spécifiques pour l'achat, la détention et la revente.
| Type de bien | Exemples | Usage principal |
|---|---|---|
| Résidentiel | Maisons, appartements, résidences secondaires | Habitation principale ou secondaire, location nue ou meublée |
| Commercial et professionnel | Bureaux, boutiques, entrepôts, locaux industriels | Activité économique, commerce, investissement locatif tertiaire |
| Terrain nu | Terrain à bâtir, terrain agricole, forêt | Construction, exploitation, rétention foncière |
| Droits réels immobiliers | Usufruit, servitude, bail emphytéotique, concession immobilière | Jouissance d'un bien sans en être propriétaire |
Mention particulière pour la concession immobilière, contrat par lequel le propriétaire d'un immeuble ou partie d'immeuble, bâti ou non, en confère la jouissance à un tiers (articles 48 à 61 du Code civil, recensés par Légifrance). Ce montage, distinct du bail classique, connaît des applications dans l'immobilier public et les grands projets d'aménagement.
Biens résidentiels : maisons, appartements, résidences principales
Le résidentiel constitue l'essentiel du parc immobilier français. Il englobe les résidences principales, les résidences secondaires et les logements mis en location. Un appartement en copropriété, une maison individuelle, une villa : tous relèvent du régime des plus-values immobilières, avec une exonération totale pour la résidence principale (service-public.fr, F10864). Les résidences secondaires et les logements locatifs sont en revanche pleinement taxés sur la plus-value, sous réserve d'un abattement pour durée de détention. Ces biens entrent dans l'assiette de l'IFI dès lors que leur valeur nette excède 1,3 million d'euros.
Biens commerciaux et professionnels
Un local commercial, un bureau, une boutique ou un entrepôt sont des biens immobiliers soumis à des règles fiscales partiellement différentes de celles du résidentiel. La TVA s'applique aux ventes de locaux neufs ou achevés depuis moins de cinq ans. Les loyers perçus relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) pour le loueur en meublé, ou des revenus fonciers pour la location nue. Ces immeubles sont éligibles au dispositif Denormandie s'ils sont transformés en logements dans un quartier ancien dégradé (service-public.fr, F35011). Leur valorisation obéit à une logique de rendement qui les distingue du résidentiel pur.
Terrains et droits attachés : la concession immobilière selon Légifrance
Un terrain nu n'est pas un immeuble bâti, mais il reste un bien immobilier par nature. Le droit distingue le terrain à bâtir (constructible, viabilisé ou non), le terrain agricole et le terrain de loisir. La fiscalité de la plus-value diffère : les terrains à bâtir ne bénéficient pas des mêmes abattements que les biens bâtis depuis la réforme de 2013. Les droits réels attachés au sol : servitude de passage, usufruit, bail à construction, concession immobilière : sont eux-mêmes qualifiés d'immeubles par l'objet auquel ils s'appliquent (article 526 du Code civil). Un droit d'usufruit sur un appartement est donc un bien immobilier, imposable à l'IFI chez l'usufruitier.
L'essentiel
- Le mot « immobilier » est d'abord un adjectif (relatif aux immeubles), puis un nom masculin (le secteur économique et, par extension, le bien lui-même).
- Le Code civil distingue les immeubles par nature, par destination et par l'objet, une classification qui détermine le régime fiscal applicable.
- L'IFI cible le patrimoine immobilier net supérieur à 1,3 million d'euros, avec un abattement de 30 % sur la résidence principale.
- La résidence principale est exonérée de plus-value immobilière ; les autres biens bénéficient d'abattements progressifs selon la durée de détention.
- Exercer une activité de transaction ou de gestion locative sans carte professionnelle expose à des sanctions pénales (loi Hoguet, 1970).
Définition juridique de l'immobilier : ce que dit le droit français
La définition juridique de l'immobilier ne relève pas du dictionnaire mais du Code civil. Les articles 516 à 536 fixent les catégories d'immeubles et déterminent, par ricochet, le régime fiscal de chaque bien.
Le Code distingue trois types d'immeubles. Les immeubles par nature (art. 518 à 523) regroupent les fonds de terre, les bâtiments, les récoltes sur pied et les canalisations. Les immeubles par destination (art. 524 à 525) sont des biens meubles que le propriétaire a attachés au fonds pour son service : matériel agricole, animaux d'exploitation, éléments de chauffage central scellés. Les immeubles par l'objet (art. 526) comprennent l'usufruit des choses immobilières, les servitudes et les actions en justice visant à revendiquer un immeuble.
Cette classification a des conséquences concrètes. Tout ce qui est immeuble par nature ou par destination entre dans le champ de l'impôt sur la fortune immobilière (IFI). Selon la fiche F563 de service-public.fr, l'IFI est dû par les personnes physiques sur leur patrimoine immobilier existant et évalué au 1ᵉʳ janvier de l'année d'imposition, dès lors que sa valeur nette taxable dépasse 1,3 million d'euros.
Prenons un cas concret. Un particulier possède une résidence principale à Lyon valorisée 450 000 € et un appartement locatif à Grenoble estimé 280 000 €. Son patrimoine immobilier total atteint 730 000 € : il reste sous le seuil d'assujettissement à l'IFI. En revanche, s'il hérite d'une maison de famille évaluée 600 000 €, son patrimoine passe à 1 330 000 € et il devient redevable de l'IFI. La résidence principale bénéficie d'un abattement de 30 % sur sa valeur, ce qui ramène l'assiette taxable à 1 195 000 € : toujours au-dessus du seuil. Ce scénario illustre pourquoi la qualification d'un bien comme « immobilier » n'est pas anodine : elle déclenche des obligations déclaratives et fiscales qui peuvent représenter plusieurs milliers d'euros par an.
Pour approfondir le cadre d'exercice des professionnels qui interviennent sur ces biens, consultez notre article sur le mandataire immobilier : définition et cadre légal.
Le Code civil et la distinction immeuble / meuble
L'article 516 du Code civil pose une règle simple : « Tous les biens sont meubles ou immeubles. » Cette summa divisio irrigue tout le droit patrimonial français. Les articles suivants (517 à 536) déclinent les trois catégories d'immeubles évoquées plus haut. Un bien ne peut être à la fois meuble et immeuble ; il bascule dans l'une ou l'autre catégorie selon des critères physiques (fixité au sol), intentionnels (destination) ou juridiques (objet du droit). Le tribunal compétent pour un litige portant sur un immeuble est celui du lieu de situation du bien : règle de compétence territoriale qui ne s'applique pas aux meubles.
IFI : quels biens immobiliers sont concernés ?
L'impôt sur la fortune immobilière, entré en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2018 en remplacement de l'ISF, cible exclusivement les actifs immobiliers non affectés à une activité professionnelle. La résidence principale ouvre droit à un abattement de 30 % sur sa valeur vénale. Les biens loués sont imposables sur leur valeur nette, déduction faite des dettes afférentes (emprunt en cours). Les parts de SCI ou de SCPI entrent dans l'assiette à proportion de la fraction immobilière de leur actif. Un contribuable détenant 100 000 € de parts de SCPI dont l'actif est composé à 80 % d'immeubles déclarera 80 000 € au titre de l'IFI.
Plus-value immobilière : le régime applicable à la vente
La vente d'un bien immobilier génère une plus-value imposable égale à la différence entre le prix de cession et le prix d'acquisition, majoré des frais et travaux. La résidence principale est totalement exonérée, sans condition de durée, dès lors qu'elle constitue l'habitation habituelle et effective du vendeur au jour de la vente (service-public.fr, F10864). Pour les autres biens, un abattement progressif s'applique : exonération totale de l'impôt sur le revenu après 22 ans de détention, et des prélèvements sociaux après 30 ans. Le taux global d'imposition atteint 36,2 % (19 % d'impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux) avant abattement.
Le secteur immobilier en France : transaction, gestion et promotion
Le secteur immobilier ne se réduit pas à la détention de murs. Il englobe des activités économiques structurées autour de trois piliers : la transaction (achat, vente, négociation), la gestion locative (administration de biens pour le compte de propriétaires) et la promotion immobilière (construction ou rénovation lourde en vue de la vente).
Une erreur courante consiste à croire qu'un particulier qui vend son appartement exerce une activité de transaction immobilière. En réalité, la vente d'un bien personnel ne relève pas du secteur professionnel. En revanche, acheter des biens pour les revendre avec une intention spéculative répétée peut être requalifié en marchand de biens par l'administration fiscale. La conséquence est lourde : imposition des plus-values dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), au lieu du régime des plus-values immobilières des particuliers, avec en sus l'obligation de s'immatriculer au registre du commerce et des sociétés.
⚠️ Attention : exercer une activité de transaction ou de gestion locative sans la carte professionnelle prévue par la loi Hoguet du 2 janvier 1970 expose à des sanctions pénales (amende de 30 000 € et peine d'emprisonnement d'un an pour exercice illégal, art. 14). La simple diffusion d'annonces pour le compte d'un tiers à titre onéreux nécessite cette carte.
L'arrêté du 22 novembre 2023, publié au Journal officiel le 26 janvier 2026, a actualisé les conditions d'exercice des professions immobilières. Le texte confirme que « le secteur immobilier est très développé en France et s'est fortement professionnalisé », notamment via le renforcement des obligations de formation continue et de contrôle des fonds détenus pour le compte des clients.
Pour une vue d'ensemble des types de biens immobiliers et fiscalité en 2026, notre guide dédié détaille les régimes applicables à chaque catégorie de bien.
Transaction, gestion locative et promotion : les trois piliers du secteur
La transaction immobilière couvre l'intermédiation entre vendeurs et acquéreurs. La gestion locative assure l'administration quotidienne d'un parc de logements : recherche de locataires, perception des loyers, suivi technique. La promotion immobilière consiste à porter un programme de construction depuis l'acquisition du foncier jusqu'à la commercialisation des lots. Ces trois piliers sont régis par des règles distinctes en matière d'assurance, de fonds de garantie et de maniement des fonds.
Agent et mandataire immobilier : des professionnels réglementés
L'agent immobilier titulaire de la carte professionnelle peut exercer les activités de transaction et de gestion. Le mandataire immobilier, professionnel moins connu, agit pour le compte d'un agent sous un statut d'indépendant : il prospecte, négocie et signe des mandats au nom de l'agence qui le mandate. Ces deux figures sont encadrées par la loi Hoguet de 1970, qui impose une assurance responsabilité civile professionnelle, une garantie financière pour les fonds détenus et une obligation de formation continue. Le détail de ce cadre figure dans notre article sur la définition et le cadre légal du mandataire immobilier.
Investissement locatif : dispositifs fiscaux 2026 (Denormandie, déficit foncier, Jeanbrun)
Plusieurs dispositifs fiscaux incitent à l'investissement dans l'immobilier locatif en 2026. Le dispositif Denormandie (service-public.fr, F35011) accorde une réduction d'impôt de 12 %, 18 % ou 21 % du prix d'acquisition selon que l'engagement de location porte sur 6, 9 ou 12 ans, dans la limite d'un plafond d'investissement de 300 000 €. La condition : le logement doit être situé dans une commune classée en zone de revitalisation ou faisant l'objet d'une opération programmée d'amélioration de l'habitat.
Le dispositif Jeanbrun, entré en vigueur début 2026 (source Boursorama, 12 avril 2026), introduit un mécanisme d'amortissement accéléré pour les investissements locatifs dans le neuf, sous conditions de plafonds de loyer et de ressources du locataire. Enfin, le déficit foncier permet à un propriétaire bailleur de déduire de son revenu global les charges de rénovation excédant ses recettes locatives, dans la limite de 10 700 € par an (source Crédit Agricole e-immobilier, 20 mai 2026). Au-delà de ce plafond, l'excédent est reportable sur les revenus fonciers des dix années suivantes.
Patrimoine immobilier : définition et enjeux pour les particuliers
Le patrimoine immobilier d'une personne physique ou morale regroupe l'ensemble des biens immeubles qu'elle détient en pleine propriété, en nue-propriété ou en usufruit. Cette notion est centrale en gestion de patrimoine : contrairement au patrimoine mobilier (liquidités, portefeuille-titres, meubles meublants), le patrimoine immobilier est peu liquide, soumis à une fiscalité spécifique sur la détention (IFI, taxe foncière) et sur la transmission (droits de succession).
Le financement de ce patrimoine repose en grande partie sur le crédit immobilier. Le taux d'usure fixe la limite maximale du TAEG qu'un établissement de crédit peut pratiquer. Selon le Crédit Agricole (2026), il s'agit du taux plafond au-delà duquel un prêt ne peut être octroyé. Pour le troisième trimestre 2026, les taux d'usure applicables aux prêts immobiliers à taux fixe sont de 4,07 % sur une durée inférieure à 10 ans, 4,57 % entre 10 et 20 ans, et 5,29 % sur 20 ans et plus. Ces plafonds, révisés chaque trimestre par la Banque de France, protègent l'emprunteur contre des conditions abusives tout en permettant aux banques de couvrir leurs coûts de refinancement.
La loi Carrez (article 46 de la loi du 10 juillet 1965) oblige le vendeur d'un lot de copropriété à mentionner la superficie privative dans l'acte de vente. Selon le Crédit Agricole e-immobilier (20 mars 2026), cette obligation concerne exclusivement la vente d'un logement en copropriété. Un écart de plus de 5 % entre la surface annoncée et la surface réelle autorise l'acheteur à réclamer une diminution proportionnelle du prix dans un délai d'un an à compter de l'acte authentique.
Ces règles techniques : taux d'usure, mesurage Carrez, fiscalité de la détention : illustrent la densité du cadre juridique qui entoure le bien immobilier. Pour comprendre comment l'épargne préalable permet d'accéder à ce marché, notre article sur la définition de l'épargne et ses mécanismes détaille les leviers de constitution d'un apport personnel.
Patrimoine immobilier vs patrimoine mobilier : quelle différence ?
Le patrimoine mobilier (comptes bancaires, actions, obligations, œuvres d'art, véhicules) est liquide, divisible et échappe à l'IFI. Le patrimoine immobilier est illiquide, indivisible par nature et constitue le socle de l'IFI. Cette différence commande les stratégies d'arbitrage : vendre un bien locatif pour placer le produit en portefeuille-titres réduit l'assiette taxable à l'IFI tout en offrant une liquidité immédiate. Mais cela expose aux fluctuations des marchés financiers, là où la pierre procure une relative stabilité de valorisation sur le long terme.
Crédit immobilier : définition et encadrement par le taux d'usure
Le crédit immobilier est un prêt affecté à l'acquisition d'un bien immeuble, garanti par une hypothèque ou un privilège de prêteur de deniers. Son taux est encadré par le taux d'usure, qui intègre dans le TAEG l'ensemble des frais obligatoires : intérêts, assurance emprunteur, frais de dossier, garantie. Un emprunteur dont le TAEG dépasse le taux d'usure en vigueur au moment de l'offre se voit refuser le prêt. Les taux d'usure du T3 2026, précités, laissent aux banques une marge suffisante pour prêter à des taux nominaux autour de 3,20-3,50 % sur 20 ans selon les profils.
Loi Carrez et surface habitable : des notions attachées au bien immobilier
La superficie « loi Carrez » mesure la surface des planchers des locaux clos et couverts, après déduction des murs, cloisons, cages d'escalier, embrasures de portes et fenêtres, ainsi que des parties dont la hauteur sous plafond est inférieure à 1,80 mètre. Elle se distingue de la surface habitable (qui exclut en plus caves, garages, combles non aménagés) et de la surface de plancher (utilisée en urbanisme). Cette distinction peut piéger un acheteur : un bien de 80 m² Carrez peut n'offrir que 72 m² de surface habitable si le reste est constitué de combles bas ou d'une grande cave aménagée.
Sources
- service-public.gouv.fr
- service-public.gouv.fr
- service-public.gouv.fr
- bofip.impots.gouv.fr
- legifrance.gouv.fr
- legifrance.gouv.fr
- impots.gouv.fr
- boursorama.com
- e-immobilier.credit-agricole.fr
- e-immobilier.credit-agricole.fr
Fiche pratique
| Seuil IFI | 1 300 000 € de patrimoine immobilier net taxable (service-public.fr, F563) |
| Abattement résidence principale (IFI) | 30 % de la valeur vénale |
| Exonération plus-value résidence principale | Totale, sans condition de durée (service-public.fr, F10864) |
| Taux global plus-value (avant abattement) | 36,2 % (19 % IR + 17,2 % PS) |
| Taux d'usure T3 2026 (prêt fixe 10-20 ans) | 4,57 % (Banque de France) |
| Plafond Denormandie | 300 000 € d'investissement, réduction 12-21 % sur 6-12 ans |
| Déficit foncier imputable sur revenu global | 10 700 €/an (Crédit Agricole e-immobilier, 20 mai 2026) |
| Loi Carrez | Surface privative obligatoire en vente de copropriété, écart >5 % = diminution du prix |
| Sanction exercice illégal transaction | 30 000 € d'amende, 1 an d'emprisonnement (loi Hoguet, art. 14) |
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Questions sur ce sujet
Quelle est la définition de immobilier ?
Le mot « immobilier » a deux sens. Comme adjectif, il qualifie ce qui est relatif à un immeuble ou composé de biens immeubles : crédit immobilier, action immobilière. Comme nom masculin, il désigne le secteur économique de la construction, de la transaction et de la gestion de biens immeubles, ou par extension le bien lui-même. Le terme dérive du latin immobilis, « qui ne se meut pas ».
Qu'est-ce qui est considéré comme immobilier ?
Est considéré comme immobilier tout bien immeuble : fonds de terre, bâtiments, constructions fixées au sol (immeubles par nature, art. 518-523 du Code civil) ; les meubles attachés au fonds pour son service (immeubles par destination, art. 524-525) ; et les droits réels portant sur un immeuble : usufruit, servitude, concession immobilière (immeubles par l'objet, art. 526).
Quels sont les synonymes du mot « immobilier » ?
Les synonymes de « immobilier » comme adjectif incluent « foncier » et « d'immeuble » (propriété immobilière/foncière). Comme nom masculin, selon le contexte, on peut employer « secteur de la pierre », « marché foncier » ou « biens immeubles ». Le mot « immobilier » en tant que bien est parfois remplacé par « bien », « logement » ou « propriété » dans la langue courante.
Quelle est la définition d'un bien immobilier ?
Un bien immobilier est un bien immeuble au sens du Code civil : il ne peut être déplacé sans être détruit ou altéré (immeuble par nature), ou est rattaché juridiquement à un tel bien (immeuble par destination ou par l'objet). Maisons, appartements, terrains, droits d'usufruit et parts de SCI à prépondérance immobilière entrent dans cette définition, avec pour conséquence fiscale l'assujettissement à l'IFI et au régime des plus-values immobilières.
